2026 est bel et bien là…

Faut-il souhaiter bonne ou belle année ? Oui, car l’usage évolue. On ne se souhaitait que
du bon et désormais, on se souhaite pas mal de beau. Belle journée ou semaine, belles
vacances, bô Noël…
On est passé du bien au beau via un parisianisme ou un léger snobisme qui vous fait
douter de l’habitude : est-il encore séant – et beau – de dire bon ? N’est-ce pas provincial,
désuet voire réac ? Cela relève-t-il d’un germanisme qui traduit alles Gute par tout de bon ?
On est passé du BIEN de la morale au BEAU de l’esthétique. Le jour, la semaine, l’année,
la continuation (comme au restaurant) ne doit pas concourir à la satisfaction, mais à la
sensation ! On ne doit pas avoir assez pour vivre, tout ce qu’il faut, être relativement à son
aise. Non ! On doit jubiler, toucher à la révélation, trôner dans l’émotion absolue.
Alors, bien sûr, devant l’année qui s’ouvre et portera les stigmates de celle qui s’achève,
comment réunir assez d’optimisme pour se souhaiter bonne année ? Surtout si l’on s’est
souhaité cela il y a 365 jours de famines, de guerres, de crises en tout genre ! Autant se
souhaiter belle année, n’est-ce pas ? On évite l’hypocrisie. On laisse libre le destinataire des
vœux de trouver son plaisir dans une visite de l’exposition Vallotton, la dégustation d’un
grand cru, un paysage immaculé. Après tout, l’art, le bon goût ou le simple amour de la
nature ne font-ils pas le bonheur ?
Oui, se souhaiter bonne année nécessite un peu de conviction et d’espérance. Sans
doute aussi de reconnaissance. Se sentir, encore, dépositaire d’un souffle qui nous dépasse
et ne nous appartient pas, que nous partageons avec nos compagnons de route.
2026 est bel est bien là : Itinéraires se réjouirait que vous y soyez heureux avec vos
proches, dans un monde où chacun n’a rien de mieux à faire que d’être, autant que possible,
artisan de paix et de justice. Itinéraires vous souhaite BONNE année à la grâce de Dieu !

Jean-Daniel Rousseil